On me pose souvent cette question, pourquoi entreprendre une démarche de travail sur soi ?

 

Approche méditative, thérapie, développement personnel ? Quelles sont les différences ?

Qu’est ce qui nous pousse à nous lancer dans une démarche thérapeutique ?

 

Avant tout un mal-être.

Le but de tout travail psychologique est donc de soulager une souffrance.
Cette souffrance peut surgir subitement suite à un événement douloureux (deuil, séparation, maladie, licenciement, situation de harcèlement…). Elle peut être aussi plus installée dans le quotidien (sans la présence d’événement déclencheur perceptible). Il s’ensuit un mal-être persistant, plus ou moins intense.

 

La démarche thérapeutique

La démarche thérapeutique ou psychothérapeutique favorise un travail de réflexion, de compréhension des mécanismes psychiques à l’œuvre en nous-même. Ce travail nous permet de comprendre d’où viennent nos réactions, quelles en sont les causes conscientes ou inconscientes. Nous découvrons alors l’importance de notre passé et de nos blessures psychiques. Cette mise à jour de soi permet une mise à distance susceptible de nous aider ensuite à nous positionner plus aisément dans notre quotidien, dans nos relations et nos projets.

 

Cette démarche thérapeutique nous met également face à nos émotions et surtout le refus de nos émotions. La démarche thérapeutique nous permet donc de découvrir et de comprendre nos mécanismes profonds et d’exprimer les émotions bloquées ou refusées.

 

Ainsi « la démarche psychologique nous rend finalement plus apte à profiter des bonheurs dépendants ce que nous trouvons dans des accomplissements personnels. C’est une démarche qui élimine les empêchements intimes que nous portons pour savoir jouir de ces bonheurs dépendants. C’est apprendre à fonctionner harmonieusement dans sa vie amoureuse, professionnelle, sociale, sexuelle » (Arnaud Desjardins).

 

Le développement personnel

« Relativement récente, la notion de développement personnel s’applique à tout ce qui est ou peut être mis en œuvre par chacun de nous, spontanément ou par des techniques diverses pour acquérir une maturité psychique toujours plus grande, développer ses possibilités de créativité, libérer sa vraie personnalité du souci des apparences. La tendance actuelle du développement personnel est de considérer que cette recherche de maturité psychique concerne autant le corps que l’esprit et mène à leur unification. » Ceci est une définition donnée par le magazine Psychologie.

Le terme développement personnel regroupe un nombre important de techniques et méthodes pour parvenir aux objectifs cités. Ces objectifs visent le bien-être ou tout au moins un mieux-être. Il s’agit de se développer individuellement pour pouvoir fonctionner de manière plus sereine, plus respectueuse de soi.

Il existe parfois un amalgame entre le développement personnel, les nouvelles approches spirituelles, ces approches qui questionnent les domaines énergétiques, spirituelles, subtiles… Le piège avec ces nouvelles approches est de glisser sous prétexte de développement de sensibilités énergétiques, médiumniques vers un égocentrisme de plus en plus marqué. Or toutes les disciplines de sagesse ancienne ont mis l’accent sur le dépassement de l’égoïsme pour s’ouvrir à l’autre. Et ce n’est pas un hasard. En effet, le développement de potentialité personnelle ne doit pas devenir une posture de supériorité sur les autres, de différenciation trop excessive car cela conduira inévitablement à une impasse évolutive en termes de sérénité.

 

L’approche méditative

L’approche méditative est une démarche complémentaire mais radicalement différente de l’approche psychologique. Elle est thérapeutique puisqu’elle s’inscrit également dans le désir de sortir des griffes d’une souffrance inhérente au mystère de notre existence même, de notre finitude. Il s’agit d’une démarche qui vise à rendre l’ego, le moi de plus en plus transparent, souple et libre des conditions externes et internes.

 

Là, où l’approche en développement personnel ou thérapeutique cherche à équilibrer, renforcer ou guérir un moi fragilisé par son histoire, l’approche méditative veille à le laisser être librement pour le reconnaître dans toutes ses dimensions et se désidentifier dans un second temps de ses mécanismes.

 

La méditation silencieuse est ainsi à la fois une découverte de ses mécanismes et un abandon de ses mêmes mécanismes pour apprendre à se situer différemment à l’intérieur de soi. On apprend à vivre dans l’instant présent en développant une vigilance, une attention consciente. Ce travail méditatif contient des étapes qui mènent dans une dimension ou l’on s’abandonne totalement à ce qui est, dans une totale acceptation du réel. Dès lors, nous réalisons qu’en nous existe naturellement une conscience paisible, d’où émanent des qualités de paix, de joie et d’amour.

 

Cette conscience est recouverte par l’identification à l’ego et son fonctionnement éminemment chaotique, déséquilibré, oscillant entre plaisir et douleur, entre désir et manque.
Et surtout cette démarche développe si elle est correctement pratiquée le décentrement pour aller vers l’autre, pour donner plus facilement et naturellement. Ainsi le véritable bonheur est le dépassement de son égocentrisme exacerbé pour s’ouvrir à l’amour de l’autre, la gratitude, la compassion et le don.

 

Ainsi la méditation nous ouvre à un espace intérieur véritablement libre et paisible.